Voilà j’ai un problème...
..et je ne vais pas bien
By Delph
Ces questions tournent et tournent dans ma tête…je connais
leurs réponses, mais c’est plus fort que moi, j’y pense et j’y pense encore et
encore…
Ça me bouffe la vie en ce moment…je ne dors plus, je tente
d’oublier, je sors.
D’apparence je gère plutôt bien la situation, je ne pleure
pas, je souris, je fais mon taff, je sors voir mes potes, je bois un verre,
voir deux.
D’apparence je ne montre rien….
Juste peut-être mes ongles
beaucoup plus courts à force de les avoir rongés.
Au fond de moi je bouillonne, des dizaines et des dizaines
de questions se bousculent encore et toujours.
Un petit rien parfois, une histoire tellement semblable aux
autres, aussi banale que la plupart des histoires. Je passerais vraiment pour
quelqu’un de fou si je disais à mon entourage ce qu’il se passe réellement à
l’intérieur de moi, ils ne comprendraient pas pourquoi « ça » me met
dans un état émotionnel aussi intense.
J’ai vu pire, j’ai connu bien pire mais pourtant….
« Ça ne va pas ». Vous savez au fond de vous que
ça ne va pas, que vous avez peut-être besoin d’aide, qu’il faut vous tourner
vers un autre, un ami, un confident, un collègue, quelqu’un de sa famille.
Mais pour leur dire quoi ? Je ne vais pas bien parce
qu’il s’est passé ça ou ça ?
Je connais déjà leur réponse : « Ça passera avec
le temps, ça ne sert à rien de te mettre dans un état pareil pour
« ça » etc etc… »
Oui je connais leur réponse, oui je sais que de parler
ENCORE de « ça » doit commencer à être long, à sembler ridicule. Je
sais que chacun à ses problèmes, des problèmes bien plus grave que
« ça », je sais que je leur casse les « bonbons » à leurs
poser des questions, à chercher des réponses alors qu’il n’y en a pas.
Mais « ça » a créé en moi ce déclic qui fait que
je ne m’en sors pas, du moins pas maintenant.
Chaque personne réagit totalement différemment suivant les situations.
Moi par exemple, je ne pleure pas aux enterrements, je
relativise en apprenant la maladie d’un proche, je reste calme face à des
personnes violentes. Je gère, du moins je tente de gérer…Mais il y a une chose
que je ne gère absolument pas, c’est tout ce qui s’apparente aux sentiments
amoureux.
Oui ça peut surprendre, ça peut faire sourire, ça peut
paraître pitoyable….mais c’est la réalité….
Mon esprit se met à bouillonner, je perds totalement
confiance en moi.
Confiance en moi ?
J’ai tout ce qu’il me faut en
apparence : des amis, une vie sociale, un bon boulot dans lequel j’évolue
vite, avec l’un des meilleurs résultats de toute la région. Des cadeaux offerts
par mes clients, une famille présente….TOUT VA BIEN !
Alors de quoi devrais-je me plaindre ?
Mais la vie ce n’est pas ça….le mental ne se contrôle
pas….Et le regard des gens alors ?
« Tu n’as pas le droit d’avoir mal, de souffrir, de te
poser autant de questions à t’en rendre malade parce que TOI tu as tout
ça »…
Bien sûre que je suis conscient(e) d’avoir TOUT CA. Alors
oui, pourquoi je ne vais pas bien ? A cause d’une histoire banale
sentimentale…
Le jugement des autres qui ne comprennent pas que chacun
malgré les apparences aborde les « difficultés » d’une manière
différente.
La douleur et le psychique ne se mesure pas par gravité
DECES D UN PROCHE : Douleur = 10/10
MALADIE D UN PROCHE : 9/10
CHOMAGE = 8/10
Etc etc….
Non on ne peut pas se permettre de juger la douleur
et le renversement psychologique par une échelle de la sorte.
La douleur de chacun est différente suivant les situations,
même si pour beaucoup « on ne peut pas comparer le décès d’un proche, à
une histoire sentimentale ».
La personne que vous écoutez en face de vous, ressent
peut-être une douleur profonde, un état que vous-même malgré toutes vos
difficultés n’avait jamais connu, ou peut-être que vous avez réussi à
surmonter, avec du temps….
Il n’y a rien de pire que de se sentir juger face à
quelqu’un a qui vous avez choisi de vous confier, rien de pire que de vous
rendre compte que vous « l’emmerdez » avec votre histoire à deux
balles, rien de pire pour cette personne que de se dire « j’arrête d’en
parler, je dois paraître nul(le) ».
Quelqu’un qui se confie à vous, vous fait confiance, vous
ouvre les portes de son cœur, de sa souffrance….peu importe la raison, qu’elle
vous semble ridicule ou pas, mais rien de plus gratifiant que d’être cette
personne choisie et vers qui votre ami, votre collègue, votre voisin, cet
inconnu, va se tourner pour s’exprimer, tenter de se libérer.
La vraie douleur psychologique est bien plus douloureuse que
la douleur physique paraît-il…
NDLR : Delph exprime ici un sentiment que beaucoup connaissent, ont connu, ou connaitront : Le sentiment de se taire devant le mal être. Pourquoi se taire ? Parce que certain(e)s (comme Delph) estiment que leur souci du moment est minime face à celui d'autres personnes. Je ne valide pas cette excuse, chacun doit s'exprimer quand il ne se sent pas bien. Refuser la douleur ou l'enfouir au fond de soi ne fera qu'aggraver la situation et entrainera bien d'autres problèmes. Les amis doivent se soutenir entre eux et si ce n'est pas le cas, si votre problème les "emmer..." c'est que ce ne sont pas de vrais amis..




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